INTERVIEW

22.01.2018

CLAIRE GAUTHIER

Assistante de recherche à l’Université Viadrina de Francfort sur l’Oder

Diplômée de la promotion 2017 du Master PEAP, Claire revient aujourd’hui sur son parcours universitaire et professionnel.

Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours et sur les apports du Master Politiques Européennes.

Master : Politiques Européennes et Affaires Publiques (PEAP).

Stage de fin d’études : Chargée de mission dans une entreprise de consulting politique et communication, spécialisée dans la transition énergétique et l’économie circulaire.

Job Actuel : Assistante de recherche à l’Université Viadrina de Francfort sur l’Oder.

Pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Je suis diplômée 2017 de l’IEP et du master franco-allemand Viadrina / IEP, spécialité Politiques Européennes et Affaires Publiques après 6 ans d’étude à l’IEP de Strasbourg, ma ville d’origine. J’ai cependant eu la chance de vivre deux années à l’étranger: à Uppsala en Suède et à Francfort sur l’Oder (près de Berlin, à la frontière germano-polonaise).

Sans parler de déterminisme, je pense que mon parcours et mes convictions ont été profondément influencés par le choix de mes parents de m’inscrire en classe franco-allemande dès la maternelle et la spécificité de Strasbourg comme ville frontalière et capitale européenne. De ce fait, j’ai toujours baigné dans un environnement multiculturel et ouvert. Dans ce sens, le master PE et ses coopérations avec des universités polonaises ou allemandes représentait une suite logique et un aboutissement pour mon éducation et correspondait à mes aspirations professionnelles.

Comment avez-vous eu connaissance du Master ?

J’ai effectué des recherches sur le site de l’IEP au cours de mon année Erasmus et ai participé aux journées portes-ouvertes. En plus des plaquettes de présentation, j’ai également discuté avec les professeur.e.s en charge du master et ai pris contact avec d’ancien.ne.s étudiant.e.s pour obtenir des informations plus précises sur le contenu du master et le processus de sélection.

Quels seraient pour vous les 3 mots qui définissent le Master et ce qu’il vous a apporté ?

Si je devais définir le Master en trois mots, ce serait:

  • diversité
  • rigueur
  • concret

Comparé aux autres années passées à l’IEP ou aux autres masters, je pense que c’est vraiment la diversité des profils des étudiant.e.s et enseignant.e.s qui fait la richesse du master PE. Par ailleurs, l’équipe pédagogique a trouvé le bon équilibre entre théorie et pratique, que ce soit au niveau des cours, des projets de groupe ou des voyages. Enfin le Master propose une palette de cours assez large pour garder une vue d’ensemble sur les politiques publiques européennes tout en permettant de se spécialiser. Pour moi, ça a été les politiques énergie-climat et numérique de l’UE.

Pensez-vous que le Master soit reconnu par les futurs employeurs ?

Je pense que le Master est (re)connu par la plupart des futurs employeurs dès lors que l’on cherche en France (du fait du rattachement à la marque Science Po) et dans le cœur de cible du Master, c’est-à-dire à Bruxelles, dans les institutions européennes ou l’eurobubble, auprès d’entreprises spécialisées (par exemple en montage de projet) ou dans le secteur de la coopération transfrontalière.

D’expérience, c’est moins le cas quand on sort du cadre typique, par exemple en cherchant en Allemagne: le nom du Master ou de l’établissement n’est pas forcément associé à une tradition, un contenu ou à des points forts. Cependant rien qu’un bon CV, une lettre de motivation ou un entretien ne puisse surmonter sur le plan personnel ou que l’équipe de communication ne puisse corriger sur le moyen-terme en œuvrant à une meilleure visibilité.

De plus, il ne faut pas oublier que beaucoup de futurs employeurs sont très souvent des anciens du master. Ce réseau construit progressivement est une ressource précieuse.

Avez-vous eu des difficultés en termes de recherches de stage ou d’emploi après le Master? Comment les avez-vous surmontées ?

Je n’ai pas éprouvé de difficultés particulières. Je pense que la clé pour trouver un stage ou un emploi est de s’y prendre tôt pour cibler des organisations et réfléchir le plus possible à l’adéquation entre ses points forts, ses envies et leurs besoins.Pour la recherche de stage, cela aide à anticiper, mieux gérer sa charge de travail sur le semestre et de résister à la pression collective.

Avez-vous des conseils pour les étudiant.e.s du Master pour leur recherche de stage / emploi ou pour leurs entretiens ?

Je dirai qu’il faut éviter d’envoyer des “fournées” de candidatures génériques en octobre/novembre, répondre avec précipitation à chaque nouvelle offre postée. Et ne pas se mettre la pression pour trouver un stage commençant au 1er mars. Même en commençant le 1er avril, il y a largement le temps de faire six mois de stage. Prendre une petite pause pour recharger les batteries entre la fin du semestre, un éventuel déménagement et le début du stage n’est pas du luxe!

Vous avez effectué votre stage dans le domaine du conseil sur la transition énergétique et l’économie circulaire, que retirez-vous de cette expérience ?

J’ai effectué mon stage dans une jeune, petite et dynamique entreprise de consulting politique et communication, spécialisée dans la transition énergétique et l’économie circulaire à Berlin entre avril et juin 2017. J’ai ensuite écrit mon mémoire, obligatoire pour les doubles diplômes.

Malgré la brièveté du stage et le manque de responsabilité accordée, mes supérieurs ont reconnu mon expertise européenne comme point fort au cours de l’entretien-bilan. Sans forcément travailler dans l’eurobubble, le Master PE permet de faire la différence car pour beaucoup de professionnels du secteur politique, le monde européen est quelque chose qui s’apprend sur le tas, en plus des connaissances du système politique national ou de la spécialisation dans une politique publique.

Aujourd’hui vous êtes assistante de recherche à l’Université Viadrina de Francfort sur l’Oder, comment avez-vous obtenu ce poste ?

Depuis fin octobre et pour les trois prochaines années, je suis assistante de recherche à l’université Viadrina de Francfort sur l’Oder, où j’ai étudié pendant un an. J’ai été embauchée par un de mes directeurs de mémoire pour coordonner l’équipe, m’occuper de la veille législative européenne et des relations avec les acteurs européens et accessoirement gérer la communication avec nos partenaires de recherche français, en plus de mes activités de recherche.

Pouvez-vous nous décrire une journée type dans votre travail ?

Il est impossible pour moi de décrire une journée ou même une semaine de type! Depuis mon embauche et la confirmation de financement du projet de recherche, dont nous sommes coordinateurs, c’est une course contre la montre. Mes activités se sont structurés autour de la préparation d’un voyage à Bruxelles, la préparation administrative et financière du projet avec nos treize partenaires, l’administration de l’université et une agence européenne, l’accompagnement pédagogique et administratif des étudiants suivant nos cours, la coordination interne de l’équipe, la participation à des colloques de recherche, la rédaction d’un chapitre d’un livre qui devrait être publié pendant l’été, etc.

Quels sont selon vous les atouts d’un.e élève de l’IEP pour ces missions?

Mes atouts pour décrocher ce poste tenaient principalement au fait de connaitre la machine européenne ainsi que de parler couramment anglais, allemand et français par rapport à d’autres candidat.e.s ayant plus d’expérience. En effet, nous venons de gagner un projet Horizon 2020 pour valider nos recherches sur la participation (financière) à la transition énergétique des consommateurs vulnérables.

Compte tenu des réformes européennes actuelles dans ce domaine et de l’origine de notre financement mais également de la taille restreinte de notre équipe, il était important pour mon supérieur d’embaucher quelqu’un qui se sente aussi bien dans le domaine de la recherche que de la politique et de la communication, bien que ce mélange des genres soit parfois désapprouvé.

Mais plus encore, je dirai que l’interdisciplinarité, l’adaptabilité, les capacités de synthèse et la rigueur sont les points forts d’un élève de l’IEP pour réussir ces missions. Enfin, le Master prépare très bien à la gestion du temps et du stress avec une grosse charge de travail! En effet, je dois effectuer l’ensemble de mes tâches dans un temps très restreint puisque je suis embauchée à mi-temps (les 50% restant devant être investi dans une thèse de doctorat).

Pouvez-vous nous donner une grille de salaire ?

Puisque je suis embauché par une administration publique, mon salaire est fixé selon une grille: la fourchette de salaire se trouve entre 1100 et 1300 (mi-temps), avec revalorisation automatique annuelle.