INTERVIEW

1.11.2016

CHRISTOPH RAT-FISHER

Entrepreneur

Diplômé de la promotion 2007 du Master GER, Christoph revient aujourd’hui sur son parcours universitaire et professionnel.

Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours et sur les apports du Master Politiques Européennes et Franco-Germaniques. 

Master : Politiques Européennes et Franco-Germaniques (GER)

Stage de fin d’études : Stagiaire auprès des bureaux de coordination du maire de Freiburg.

Job Actuel : Entrepreneur indépendant, spécialisé dans l’accompagnement de projets et stratégies de changements urbains.

Quel a été votre parcours depuis la fin du master en quelques mots?

J’ai été stagiaire, en 2007, auprès des bureaux de coordination du maire de Freiburg i. Br., puis du Landrat de Breisgau-Hochschwarzwald, en particulier en charge de la relance du dossier de connexion de la ville au TGV-Rhin-Rhône.

Mon premier poste a été responsable des Affaires Européennes de la Ville et de la Communauté d’Agglomération de Mulhouse (ex-CAMSA) (2008-2009).

J’ai ensuite été recruté comme chercheur sur la « ville durable » à l’Institut Européen pour la Recherche Energétique (Eifer) à Karlsruhe, en tant qu’ingénieur de projet (2010), puis chef de projet (2011-2016).

Depuis mars 2016, je suis entrepreneur indépendant (www.synappcity.eu) spécialisé dans l’accompagnement de projets et stratégies de changement urbains. Je suis par ailleurs évaluateur pour l’Agence Nationale de la Recherche.

De janvier 2009 à mars 2014, j’ai également été président de l’association du Master, qui a notamment co-organisé les festivités liées aux 20 ans de la formation.

Quels sont les 3 mots qui résument selon vous le mieux master PE?

  1. Réseau
  2. Réputation
  3. Expérience

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre poste actuel?

Clairement plusieurs choses, car être entrepreneur correspond à mon caractère et la ville est un sujet inépuisable. Après, il y a  le choix de développer et soutenir des projets utiles à la société, participer activement à une connexion intelligente des connaissances disponibles en Europe (les réelless clefs de la transition énergétique Allemande sont très peu connues par exemple), une certaine liberté de penser et d’agir, la rationalité des critères d’action et puis simplement le plaisir d’un environnement de travail libre et créatif sont très motivants. Il y a plus de risques et de travail, mais moins de missions absurdes, ça me va très bien.

Si vous deviez changer / recommencer quelque chose dans votre parcours – qu’est-ce que cela serait ?

C’est difficile à dire, je manque un peu de recul pour le moment. Avoir fait Sciences-Po est un atout qui se bonifie avec le temps, grâce aux méthodes de travail acquises. Après le bilan sera plus simple à faire quand je saurais si mon projet d’entreprise tient la distance. S’il fallait vraiment changer quelque chose je dirais que j’aurais dû être plus exigeant lors de mon embauche par Eifer, j’ai de vrais regrets à ce niveau.

Quel conseil auriez vous aimé que l’on vous donne lorsque vous étiez étudiant?

Soyez attentifs lorsque vous prenez un poste, posez des questions explicites, y compris sur le salaire, les grandes orientations et les perspectives pour la suite. Intéressez-vous au travail dans les territoires qui peut être passionnant et n’hésitez-pas à vous concentrer sur les sujets qui vous intéressent.

Où pensez-vous l’Europe a le plus besoin d’étudiants formés par le Master de l’IEP?

Probablement aux endroits où la culture du travail international et européen est encore très faible. Étonnamment, de nombreuses entreprises, collectivités (et autres) ne disposent que de très faibles capacités linguistiques et n’ont pas le réflexe de regarder ce qui se fait ailleurs. Une course un peu illusoire aux financements européens a bien créé un certain nombre de « missions Europe » mais il y aurait tellement plus à gagner de l’échange de connaissances !

Avez-vous une anecdote de votre parcours que vous vous voudriez partager?

Mon année de Master est la seule année de mon parcours où je n’ai pas eu à travailler en même temps pour me financer, donc j’ai surtout profité finalement… Surtout que l’on a eu droit au déplacement à Luxembourg/Bruxelles et à un séjour en Pologne ! Par contre les années de présidence de l’association ne manquent pas d’anecdotes bien senties, comme la fois où des étudiants ont déclenché les extincteurs de leur hôtel pendant leur séjour à Bruxelles (ils se reconnaîtront…). Aujourd’hui on s’en amuse, surtout quand j’en rencontre l’un(e) ou l’autre, mais à l’époque c’était un peu différent…

Partageriez-vous avec nous le montant de votre salaire actuel (fourchette)?

Non, parce que cela impliquerait que je donne des informations sur mon chiffre d’affaires. Mais je sais que c’est important quand on est étudiant de se faire une idée de ce qu’on pourra gagner plus tard. De ce que j’ai pu observer, en sortant du master vous pouvez espérer gagner entre 1500 et 2000€ par mois. Si vous démarrez avec mieux, c’est que vous vous en sortez très bien ! Ça peut être un peu moins aussi, ce n’est pas forcément dramatique, il faut toujours avoir à l’œil ce que le poste dans son ensemble peut vous apporter pour la suite.

Est-ce que l’organisation ou entreprise pour laquelle vous travaillez recrutent des stagiaires du profil de l’IEP?

A Eifer j’ai recruté des stagiaires de l’IEP dans tous mes projets, la plupart des expériences ont été très satisfaisantes. La grosse capacité de travail et d’assimilation de sujets complexes – y compris en plusieurs langues – sont vraiment des atouts à faire valoir. Avec SynappCity je compte bien recruter des stagiaires du master à l’avenir. Pour l’instant mon entreprise démarre donc mes capacités d’accueil sont encore limitées. Surtout, il faut que le stage apporte quelque chose à l’étudiant pour la suite, or une toute petite entreprise ne donne qu’un aperçu spécifique du monde du travail. Donc si un projet colle vraiment on essayera de trouver des solutions, mais sinon il est probablement plus raisonnable d’attendre encore un peu.

By | 2017-10-11T12:59:02+00:00 February 5th, 2017|Alumni, Homepage, INTERVIEW, Secteur privé|0 Comments