INTERVIEW

14.03.2018

ANTOINE GINDRE

Chargé de projets européens

Diplômé de la promotion 2017 du Master, spécialité franco-germanique, Antoine revient aujourd’hui sur son parcours universitaire et professionnel.

Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours et sur les apports du Master Politiques Européennes.

Master : Politiques Européennes et Affaires franco-germaniques (GER)

Stage de fin d’études : Chargée de projets européens et de communication à la Mission Opérationnelle Transfrontalière, Paris.

Job Actuel : Chargé de projets européens et du Fonds Social Européen à la Direction Régionale des Entreprises de la Concurrence de la Consommation du Travail et de l’emploi (DIRECCTE) de PACA, Marseille.

Pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Pour parler brièvement de mon parcours, j’ai débuté mon cursus par une année de prépa lettres (hypokhâgne) en sortie de bac. Je me suis ensuite orienté vers une double licence droit-sciences politiques à l’Université Lyon III Jean Moulin. A la suite de ça, n’ayant pas fait les démarches pour partir en ERASMUS, j’ai cherché un moyen de partir à l’étranger car je souhaitais éviter d’afficher une année blanche sur mon CV. J’ai donc choisi de partir en service volontaire européen (SVE), programme ERASMUS + de la Commission européenne en Bavière (Allemagne) pendant un an. L’idée était de connaitre une expérience à l’étranger et d’améliorer mon allemand. J’ai ensuite postulé à l’IEP en Master 1 Etudes européennes et internationales (EEI) et j’ai naturellement poursuivi en Master 2 Politiques européennes et franco-germaniques (GER) dont j’ai été diplômé en 2017.

Comment avez-vous eu connaissance du Master ?

Après mon expérience en Allemagne, j’ai un peu cherché comment concilier mon parcours droit / Sciences Po, mes convictions européennes et mes compétences linguistiques afin de ne pas perdre tous les progrès que j’avais fait en allemand. Sciences Po Strasbourg m’est alors apparu comme l’école idéale et la spécialité GER en parfaite adéquation avec mes aspirations professionnelles.

Quels seraient pour vous les 3 mots qui définissent le Master et ce qu’il vous a apporté ?

  • Enrichissant, de par la diversité des cours, des personnes rencontrées, des intervenants écoutés.
  • Formateur : La formation IEP, et le Master en particulier, forme à mon sens ses élèves à exercer n’importe quel métier, en tout cas dans la sphère politique et européenne et permet d’acquérir une vraie capacité d’adaptation. En sortant du Master, on a un vrai socle de connaissances, de compétences et on est capable d’évoluer dans de nombreuses sphères en s’adaptant rapidement.
  • Enfin, j’ajouterais « Européiste », le terme n’est peut-être pas le mieux choisi mais je trouve que c’est le terme qui prend le mieux le contre-pied de l’eurosceptique ou de l’euroscepticisme. Le Master a vraiment renforcé mes convictions et l’idée que je me fais de l’Europe et l’importance qu’elle revêt.

Pensez-vous que le Master soit reconnu par les futurs employeurs ?

J’ai peu de recul pour apprécier la reconnaissance du master mais je pense que sortir de l’IEP de Strasbourg est un vrai gage de qualité sur le marché du travail dans la sphère européenne. D’abord grâce à « l’étiquette Sciences Po » et ensuite parce que l’IEP de Strasbourg est reconnu pour ses spécialités, notamment européennes. Pour ce que j’en ai expérimenté en tout cas, la formation est particulièrement appréciée par les employeurs que j’ai pu rencontrer dans ma recherche d’emploi.

Avez-vous eu des difficultés en termes de recherches de stage ou d’emploi après le Master? Comment les avez-vous surmontées ?

La recherche de stage, comme la recherche d’emploi plus tard, est une période où tout est possible puisque le Master ouvre de nombreuses portes mais ça peut être aussi décourageant de ne pas recevoir de réponses.

Pour ce qui est de mon stage, j’avais pris part à l’étude sur les soins transfrontaliers dans le cadre du Master 2 et la thématique m’avait plu, j’ai eu la chance de trouver assez rapidement, je n’ai donc pas tellement eu le temps d’apprécier la difficulté de la tâche.

Pour ma recherche d’emploi, j’ai eu plus de difficultés mais plutôt au niveau du ciblage des postes qui me correspondraient vraiment. J’étais intéressé par beaucoup de choses et de domaines et me restreindre à la recherche d’un poste a, je pense, été le plus complexe.

Avez-vous des conseils pour les étudiant.e.s du Master pour leur recherche de stage / emploi ou pour leurs entretiens ?

Pour la recherche de stage, je pense que le mieux est d’abord de bien cibler les recherches et les domaines dans lesquels on aimerait travailler. Le mieux, et on a peut-être pas assez insisté là-dessus pour ma part, est d’envisager les possibilités offertes en termes d’emploi à l’issue, voir le stage comme un tremplin dans une structure où on aimerait travailler. De mon ressenti, je conseillerai peut être aussi aux futurs diplômés de ne pas se jeter sur la première réponse positive que l’on a. Ça a été, dans un certain sens, ce que j’ai fait. Même si je n’ai pas de regrets quant à mon choix, je mettrais peut-être plusieurs offres en balance si c’était à refaire.

Pour ce qui est de la recherche d’emploi, il s’agit comme je l’ai déjà évoqué, de bien cibler les domaines dans lesquels on veut s’orienter. Pour détailler brièvement ma propre expérience, j’ai d’abord postulé à plusieurs offres qui étaient susceptibles de me plaire (Chargé de projet, chargé de mission, chargé de communication, ingénieur commercial, etc.) dans différents domaines et j’ai pu affiner mon choix avec les entretiens que j’ai passé. J’ai mis en balance les différentes propositions que j’ai eue, les perspectives d’évolution, les salaires, les villes, etc.

De nombreux paramètres sont à prendre en compte. Comparer et mettre en balance ces offres a pu me permettre de négocier celle qui me plaisait le plus. J’ai donc choisi un poste de business developer qui m’avait l’air parfait sur le papier, challenge, ambiance start up, rémunération élevée, etc. Toutefois, je me suis vite rendu compte que le côté commercial et la prospection téléphonique, aspects dominant du poste, ne correspondaient pas à mes aspirations et étaient trop éloignés de mes centres d’intérêt. Cette courte expérience m’a permis de me recentrer sur ce que j’avais envie de faire professionnellement parlant et j’ai pu orienter mes nouvelles recherches jusqu’à mon poste actuel.

Pour ceux qui n’ont pas de projet professionnel clairement défini, ou même pour ceux qui en ont un mais pour qui la recherche d’emploi dure un peu, s’inscrire à l’APEC est un bon moyen d’orienter et de cadrer ses recherches. Cela permet de rencontrer des conseillers et de participer à différents ateliers (même si question CV et lettre de motivation, on est particulièrement bien formés à Sciences Po). Cela peut aussi permettre de rencontrer de jeunes cadres issus de parcours supérieurs étant dans la même situation.

Vous avez effectué votre stage à la Mission Opérationnelle Transfrontalière (MOT) à Paris, que retirez-vous de cette expérience ?

C’est un organisme de statut associatif, financé par l’Etat et la Caisse des dépôts, très reconnu dans son domaine qui agit dans l’univers du transfrontalier (études, expertises, conseil). J’occupais un poste de chargé de projets européens / chargé de communication. J’ai pu participer à la rédaction de contenus (fiches obstacles) en vue de la mise en place d’un forum relatif aux obstacles à la coopération transfrontalière, destinés à être utilisés ensuite par les acteurs de la coopération transfrontalière. Pour le côté communication, il s’agissait de rédaction de fiches sur les projets de coopération transfrontalière, de revues de presse et de newsletters.

J’en retire une belle expérience d’entrée dans la vie active, le transfrontalier étant vraiment un environnement intéressant et enrichissant de l’Europe concrète, même si j’ai pu me sentir un peu contraint, freiné au niveau de la prise d’initiatives et des responsabilités qui m’ont été confiées.

Aujourd’hui vous êtes chargé de projets européens, comment avez-vous obtenu ce poste ?

Je travaille aujourd’hui pour le Fonds social européen (FSE) à la Direction Régionale des Entreprises de la Concurrence de la Consommation du Travail et de l’emploi (DIRECCTE) PACA. Le siège est basé à Marseille.

J’ai répondu à une offre sur le site de la Bourse Interministérielle de l’Emploi Public (BIEP). J’ai été contacté puis j’ai passé un entretien, la procédure classique. Le poste que j’occupe, dans la fonction publique, était ouvert aux contractuels, je n’ai donc pas eu à passer le concours.

Pouvez-vous nous décrire une journée type dans votre travail ?

Difficile de décrire une journée type mais je peux donner un aperçu des missions qui sont les miennes. D’abord pour expliquer un peu en quoi consiste le travail, cela relève de la gestion de fonds européens. La DIRECCTE gère l’enveloppe du Fonds Social Européen et attribue des subventions à des porteurs de projet à vocation sociale.

Le travail consiste à repérer des porteurs de projets potentiels et des projets éligibles, à du montage des dossiers, à l’analyse et instruction et le contrôle des projets. Parallèlement, il y aussi tout ce qui concerne l’animation, l’accompagnement et l’appui des services instructeurs (UT, services déconcentrés de l’Etat) et des partenaires du FSE en région.

La journée type est donc assez variée mais j’imagine que c’est le cas pour tous les postes. Il y a beaucoup de contacts avec les porteurs de projets sociaux, de rencontres et de visites de projet et il y aussi tout une phase plus technique sur l’analyse en amont et en aval des demandes de subventions européennes.

Quels sont selon vous les atouts d’un.e élève de l’IEP pour ces missions?

Ce poste s’inscrit véritablement dans un contexte européen. Globalement, je dirais que la formation IEP est une excellente base puisqu’elle crée un socle de connaissances et de compétences qui permettent de s’adapter très rapidement à n’importe quel poste et en particulier à celui que j’occupe aujourd’hui.

Pendant mon cursus à Sciences Po, j’avais suivi un cours « d’Europe sociale » en Master 1 qui m’avait beaucoup plu. Les atouts d’un élève diplômé de l’IEP résident, selon moi, dans les connaissances sur l’Union européenne et son fonctionnement, dans la pratique du droit européen et dans la gestion, ou du moins la connaissance des Fonds européens.

Pouvez-vous nous donner une grille de salaire ?

Mon poste actuel est encadré par les grilles indiciaires de la Fonction publique. C’est un poste cadre de contractuel catégorie A. La rémunération de début de carrière est donc aux alentours de 1800/1900 € nets.

By |2018-03-14T14:18:52+00:00March 14th, 2018|Alumni, Fonction publique, INTERVIEW, Projets Européens|0 Comments