Parler d’Europe

03.12.2014

La crise ukrainienne

Comment en parler ?

L’Ukraine fait régulièrement la une des médias français et européens ces derniers temps. La situation ukrainienne actuelle ne pouvait laisser les étudiants de l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg indifférents. Cette question délicate et controversée méritait une étude plus approfondie afin d’être mieux comprise. Le groupe Voyage et Valorisation du Master 2 Politiques Européennes a décidé d’organiser une conférence sur le thème de la crise en l’Ukraine à l’attention des étudiants intéressés par la question. Deux étudiantes de ce groupe se sont alors chargées de l’organisation de cette conférence, dans l’optique d’organiser un événement jusqu’alors inédit à l’IEP de Strasbourg.

Comment parler de la crise ukrainienne? 

Pour les organisateurs, la question qui s’est révélée la plus ardue à résoudre a été celle du choix des intervenants. La présence des deux parties s’est imposée comme une évidence lors de la réflexion autour du format de cette conférence, c’est pourquoi les organisateurs ont choisi d’inviter une personne défendant la position de l’Ukraine et une personne défendant la position de la Russie. Il était également essentiel de maintenir l’équilibre entre les deux parties, et donc de recevoir des intervenants exerçant des fonctions similaires vis à vis de leurs pays respectifs. Dans cette optique, les organisateurs ont décidé d’inviter un membre des représentations permanentes de l’Ukraine et de la Russie auprès du Conseil de l’Europe. Cette solution s’est également révélée idéale sur le plan géographique, la situation du siège de cette institution à Strasbourg laissant présumer la disponibilité de ses membres pour une conférence dans cette même ville. Après une communication intensive avec les membres des deux représentations, nous avons obtenu confirmation de la participation de deux membres de chaque représentation, M. Nadzhos et ?M. Podolskyi pour la partie ukrainienne, et M. Rykovskov et ?M. Nevzorov pour la partie russe.

Le format de cette conférence a été pensée dans le but de construire une plateforme pouvant permettre aux deux parties de mener une discussion franche et constructive. Les organisateurs n’avaient pas pour ambition de trouver des solutions aux problèmes qui ont émergé lors de la crise en Ukraine, mais ont pensé cette conférence comme une opportunité unique pour la tenue d’un dialogue entre les intervenants représentant la partie ukrainienne et la partie russe. Ce dialogue a ainsi permis aux étudiants de l’audience d’approfondir leurs connaissances au sujet de la crise ukrainienne, mais cet événement a également été l’occasion pour eux d’observer l’interaction de deux diplomates représentant chacun l’une des parties au conflit.

Une conférence sous tension

Voici un petit aperçu de ce qui s’est passé au sein de l’amphi 318 à l’IEP dans la soirée du jeudi 27 novembre dernier  : la conférence a été inaugurée par le modérateur, Simon Decaux, avec un bref rappel des principaux événements de la crise ukrainienne, suivi d’une présentation du rôle qu’a joué l’OSCE dans cette crise. Il a souligné l’importance de cette organisation dans le processus de signature des accords de Minsk début septembre 2014, accords qui étaient censés instaurer un cessez-le-feu dans les régions séparatistes pro-russes du Donbass.

Le modérateur s’est ensuite tourné vers les intervenants pour leur poser des questions : s’est alors entamée une série de réponses à travers lesquelles chaque intervenant tentait de défendre au mieux sa position. Lorsque M. Nadzhos a évoqué la présence massive de troupes russes en Crimée lors de la tenue du référendum pour l’indépendance, M. Rykovskov lui a rétorqué que le référendum d’autodétermination qui a mené à la déclaration d’indépendance du Kosovo s’était lui aussi déroulé en présence de troupes de l’OTAN. M. Nadzhos interpella ensuite l’audience à propos de la famine organisée par Staline dans les années 1930 en Ukraine, qui a entraîné la mort de nombreux ukrainiens et qui aurait permis à des russes de s’installer dans les régions de l’Est de l’Ukraine, où les séparatistes pro-russes réclament actuellement leur droit à l’autodétermination.

La tension était palpable durant ces deux heures de conférence, mais celle-ci s’est terminée sur un remerciement mutuel et sur une poignée de main entre les deux intervenants, geste qui qui a provoqué des salves d’applaudissement de la part de l’audience.

By | 2017-12-16T10:55:48+00:00 December 3rd, 2014|CONTENT, Gouvernement|0 Comments