Etudier l’Europe

19.09.2015

Rentrée de la promotion 2015-2016

Semaine d’intégration européenne

Les étudiants de la promotion 2015-2016 du Master Politiques Européennes font leur rentrée à l’IEP de Strasbourg. Pour cette nouvelle année, ils débutent par une semaine chargée. L’occasion pour eux de visiter les institutions du quartier européen de Strasbourg et de recontrer l’intégralité de leur équipe encadrante!

Grâce au travail du groupe “voyages et visites”, les étudiants ont eu l’occasion de visiter les grandes institutions européennes luxembourgeoises et d’assister aux multiples conférences programmées. L’occasion de rencontrer les professionnels qui y travaillent, d’échanger avec eux et de mieux comprendre en quoi consiste le quotidien de ces grandes institutions européennes, en vue d’un futur stage ou pour affiner leur projet professionnel.

Présentation de l’équipe encadrante: de gauche à droite Valérie Lozac’h, Responsable de la Spécialité GER ; Marine de Lassalle, Directrice de la Mention Politiques Euopéennes et Responsable de la Spécialité PEAP ; Adam Ffoulkes Roberts, Responsable de la professionnalisation et Alexis Vahlas, Responsable de la Spécialité SESI du Master. 

“L’Europe en Alsace, l’Alsace en Europe”: visite du Conseil Régional d’Alsace

C’est un master Politiques Européennes plus restreint qu’à l’habitude – puisque privé des membres de la spécialité Sécurité Extérieure Intérieure de l’Europe, retenus à l’IEP pour leur inscription administrative – qui s’est présenté en cette belle matinée au siège de la Région Alsace. Le mardi 8 septembre constitua en effet la première journée du cycle de rentrée du Master consacré à la découverte et à la visite des institutions situées à Strasbourg et agissant avec ou pour l’Europe.

Les étudiants ont ainsi été reçus dans la salle de conférences du Conseil régional par M. Olivier Martin, directeur des Relations européennes et internationales, pour une présentation de près de trois heures sur l’importance de l’Europe pour une région comme l’Alsace. Celui-ci est d’abord revenu sur son parcours. Diplômé de l’IEP Strasbourg à la fin des années 1980, il s’est ensuite spécialisé, au moyen d’un DEA – l’ancêtre du Master 2 – dans le droit communautaire. Cette trajectoire universitaire variée lui a permis de travailler pour l’administration de l’État central, de l’administration communautaire et enfin pour l’administration territoriale.

Ces expériences diversifiées offrent un regard particulièrement intéressant, et ce à plusieurs titres, quant au fonctionnement de ces administrations. En comparant les différentes modalités d’organisation de ces dernières, M. Martin est devenu un praticien polyvalent. Avec un langage particulièrement direct, qui dénote avec la sémantique plus contenue de certains de ses confrères, le directeur des Relations européennes a pu faire part de certaines critiques à l’égard du fonctionnement actuel des institutions européennes. Il reprochait notamment à ces institutions une production normative et réglementaire devenue trop importante, et donc trop contraignante. Parallèlement à cela, Olivier Martin déplorait le fait que la hiérarchie, au sein de ces mêmes institutions européennes, devenait illisible, complexifiant encore un peu plus la compréhension des règles à suivre et à respecter.

Malgré une situation institutionnelle qui pourrait apparaître délicate, le directeur des Relations internationales est également largement revenu sur l’engagement européen de la Région. Celui-ci, particulièrement important, s’articule essentiellement autour de la coopération transfrontalière. La Région, en utilisant les instruments budgétaires et juridiques à sa disposition, entreprend de nombreux projets avec ses homologues suisses et allemands. Cette coopération a des effets économiques et symboliques particulièrement efficaces : elle permet de rendre les territoires plus attractifs et de réaliser, concrètement, le projet européen.

Cette conférence s’est achevée sur un buffet convivial, offert par la Région. L’occasion pour certains d’échanger encore plus directement avec M. Martin !

Histoire, mémoire, dégustation et intégration 

Cette année, le Master a innové et a proposé à la nouvelle promo de partir une journée entière en dehors de Strasbourg pour une journée d’intégration. Nous avons commencé par la visite du Mémorial d’Alsace Moselle à Schirmek. Au cœur de la campagne bas-rhinoise, une architecture futuriste retrace l’histoire l’histoire de la région depuis 1970 de façon interactive.

Le directeur du mémorial, Jean-Pierre Verdier nous accueille et nous propose une visite guidée du lieu avec pour fil directeur de nous expliquer comment on muséographie et on scénographie des évènements historiques. Notre guide est aussi théâtral que sa mise en scène, mais le pari est réussi et même les plus historiens d’entre nous apprennent des choses sur l’histoire de la région et son traitement.

À la fin de la visite, il nous explique le projet d’extension du mémorial grâce à une nouvelle section consacrée à l’esprit de la réconciliation et l’aspect politique de la construction européenne. Celle-ci sera financée en grande partie par le Parlement Européen et nous avons une intéressante discussion sur les enjeux d’une commande politique sur un projet historique et la difficulté de faire des choix dans l’écriture et la restitution des évènements historiques.

Nous nous rendons ensuite au Mont Sainte-Odile à l’heure du déjeuner. La visite est libre et des petits groupes se forment pour visiter le lieu. Le quartier libre est également l’occasion de faire connaissance entre nous autour d’un café en terrasse, sous les rayons du soleil encore estival.Puis, nous reprenons le car pour nous rendre à Obernai. Une heure nous est laissée pour déambuler dans la ville et nous nous dirigeons ensuite vers la Cave Weibel pour découvrir une autre composante du patrimoine alsacien: son vin. La famille nous apprend tout sur les cépages et les vins de la régions ainsi que le processus de vinification. Nous retiendrons surtout que “Le Riesling est le roi et le Gewurztraminer l’empereur”. Moment tant attendu, nous couronnons cette journée d’intégration par une dégustation.

 

A la découverte de la coopération transfrontalière à l’Euro-Institut de Kehl

Ce jeudi 10 septembre, c’est à l’Euro institut de Kehl que la promotion 2015-2016 du master Politiques Européennes se donne rendez vous. Au sein de celui-ci, Anne Dussap les reçoit afin de leur présenter une conférence sur « la coopération transfrontalière, un laboratoire de l’intégration européenne, une orientation professionnelle à retenir ».

Avant d’évoquer la coopération transfrontalière locale entre Strasbourg et Kehl et le rôle de l’Euro institut dans le développement de celle-ci, Anne Dussap nous rappelle tout d’abord à quel point la coopération transfrontalière est en enjeu européen, sachant que 40% de son territoire et 30% de sa population sont concernés par ces questions.

Au cours de la conférence, les raisons (innovation, partage, complémentarité …) et les moyens de la coopération, notamment entre la France, la Suisse et l’Allemagne, dans le cadre de la conférence du Rhin Supérieur, sont abordés. Les étudiants sont curieux de comprendre quels sont les différents cadres institutionnels dans lesquels cette coopération transfrontalière peut s’opérer. Au fil de la conférence, la clé de toute collaboration entre pays frontaliers semble être la compréhension. En effet, pour envisager une quelconque coopération, les différents partenaires doivent d’abord chercher à se connaitre et à connaitre le système de leur partenaire pour pouvoir dépasser et résoudre les difficultés juridiques qui peuvent handicaper la mise en place de projets transfrontaliers. Et c’est bien la tout le rôle de l’Euro institut.

En effet, après avoir présenté les différentes institutions présentent sur le site de Kehl, tel que l’Eurodistrict Strasbourg – Ortenau ou encore l’Infobest ainsi que leur mission diverses et variées (aménagement du territoire, emploi..), nous découvrons quel est le rôle de l’Euroinstitut et comprenons toute son importance. Véritable entremetteur et facilitateur de projet, l’Euro institut a pour mission de venir en aide et d’accompagner des projets et initiatives en apportant des conseils et des outils pratiques aux collaborateurs français et allemands qui souhaitent s’associer dans la réalisation de projets transfrontaliers.

C’est d’ailleurs à l’occasion de la préparation d’un séminaire destiné aux entrepreneurs de projets transfrontaliers que les étudiants en dernière année de master à l’IEP vont pouvoir être associés aux missions de l’Euro institut dans le cadre d’un groupe de travail. Il s’agira pour eux de mener des entretiens avec des personnes ayant élaborés et réalisés des projets transfrontaliers, pour comprendre les difficultés auxquelles ils ont été confrontés et pouvoir ainsi réfléchir à des solutions pour les réduire à l’avenir, pour à termes, définir une boite à outils capable d’aider les futurs entrepreneurs pour mener à bien leur projet, boite à outils qui leur sera présenter lors du séminaire, en début d’année prochaine.

Cette matinée s’est terminée par l’allocution d’une ancienne étudiante du master, Saskia Rybarczyk travaillant désormais à l’Euroinstitut, qui a attirée notre attention sur la forte professionnalisation de notre filière qu’il fallait saisir comme une réelle opportunité et surtout qu’il était primordial pour chacun d’entre nous de considérer le stage de fin d’études comme un tremplin pour décrocher un premier emploi une fois le diplôme en poche et plonger avec succès dans le monde du travail.

A l’ENA, groupes de travail et études européennes

Décidée en 1991, le  transfert de l’École nationale d’administration de Paris à Strasbourg se fait progressivement. La scolarité des étudiants qui été partagée entre les deux villes pendant 13 ans est finalement réunifiée à Strasbourg en 2005, dans les locaux de la Commanderie Saint-Jean, ancienne prison de femmes.

Dans le cadre de la semaine d’intégration pour la nouvelle promotion du Master Politiques Européennes, un passage obligé par l’Ecole Nationale d’Administration a permis de pouvoir visiter les locaux de cette fameuse institution, dont les photos des différentes promotions passées par l’ENA tapissent les murs du hall d’entrée. Le labyrinthe que représentent les multiples couloirs du bâtiment nous mènent entre autres à un amphithéâtre classieux où quelques personnalités nous présentent différents groupes de travail : Processus décisionnel européen avec Didier Meynier, Loyauté dans les métiers de l’Europe avec Fabrice Larat, Production audiovisuelle avec Christophe Nonnenmacher, gestion des fonds européens avec un représentant de l’INET. Beaucoup de projets variés, somme toute.

Les activités de l’école dans l’expertise européenne sont mises en œuvre par le CERA (Centre d’expertise et de recherche sur l’administration). Dirigé par Fabrice Larat, le CERA est composé de trois chercheurs qui travaillent en coopération avec les partenaires européens de l’école sur les questions administratives (science administrative, politiques publiques, évolutions de la fonction publique). Leur objectif est à la fois de produire et de transmettre des connaissances. En outre, l’ENA héberge depuis 2011 une Direction des affaires européennes (DAE) qui a pris la suite du Centre d’études européennes de Strasbourg. En tant qu’école d’application, l’ENA prépare aux concours européens du European Personnel Selection Office (EPSO) et dispose de modules pédagogiques de formation à Strasbourg ou à distance en e-learning. Elle recrute des stagiaires du master de l’IEP et publie régulièrement des offres d’emploi en cours d’année, dans le cadre de la Revue d’Etudes européennes. Cette revue en ligne s’adresse à un public de professionnels de la haute fonction publique et est sous la responsabilité éditoriale de l’ENA et de Sciences Po Strasbourg.

La coopération policière et douanière, indispensable au fonctionnement de l’espace Schengen

En 1985, cinq pays (l’Allemagne, la Belgique, La France, le Luxembourg et les Pays-Bas) signent, dans la petite ville de Schengen, des accords de libre circulation. En 1995, la Convention d’application de ces accords, signée en 1990, qui supprime les contrôles douaniers aux frontières entre les Etats signataires, entre en vigueur. Une partie de cette Convention est consacrée au renforcement de la coopération entre les différents services de douane et de police des Etats membres. Cette coordination entre services est rendue nécessaire du fait de l’ouverture des frontières internes de l’espace Schengen, ce qui a notamment comme conséquence de faciliter les trafics et autres activités transfrontalières délictuelles. C’est donc pour faire face à ces nouveaux enjeux sécuritaires qu’ont été créés les Centres de Coopération Douanière et Policière (CCPD). On en dénombre aujourd’hui plus de 45 en Europe. Ils sont situés soit près de frontières internes à l’espace Schengen, entre deux Etats membres, soit aux frontières extérieures de l’espace, entre Etat membre et un Etat tiers, comme c’est le cas, par exemple, entre l’Espagne et le Maroc. Chaque CCPD a été créé par un accord binational. Le centre de Kehl, en Allemagne, est le plus vieux d’entre eux. En effet, il a été institué le 9 octobre 1997 par l’accord de Mondorf-les-Bains, soit deux ans seulement après l’entrée en vigueur de la Convention. Situé initialement à Offenbourg, il a déménagé à Kehl, en face de Strasbourg, en 2002. 

La mission du CCPD est d’éliminer ou de contourner les obstacles qui peuvent entraver la collaboration entre les services de police et de douane allemands et français. Or ceux-ci sont nombreux. Ils sont tout d’abord d’ordre linguistique. C’est pourquoi, le centre est composé de policiers et de douaniers des deux pays parfaitement bilingues, afin que chaque agent puisse traduire dans la langue de l’autre les demandes de son administration nationale. Cependant, les différences linguistiques ne sont pas les seuls obstacles à cette coopération franco-allemande. La mauvaise connaissance des structures politiques et administratives du pays voisin en est un aussi. Il est par exemple difficile pour un fonctionnaire français, habitué aux administrations centralisées, de comprendre qu’en Allemagne la police  est une compétence des Länder, et que, par conséquent, il peut être amené à travailler avec 16 services de police différents, plus quelques services fédéraux, comme les douanes. Les agents du CCPD doivent également maîtriser le jargon et les abréviations propres à chaque pays et à chaque service. Enfin, il leur faut gérer les différences culturelles existant entre Français et Allemands, notamment en matière d’organisation du temps de travail. Afin que ces différences de culture de travail n’aient pas d’impact sur la coopération policière entre les deux pays, le centre possède une salle de veille active sept jours sur sept, 24 heures sur 24, avec, à tout moment, un opérateur allemand et un opérateur français prêts à recevoir les appels de leurs services nationaux.

Le CCPD de Kehl a plusieurs vocations. La première est de traduire et de transmettre les demandes des services de police et de douane français vers leurs homologues allemands et inversement. Le centre a également une fonction de conseil et d’assistance. Disposant de sa propre base de données, ses agents peuvent, par exemple, vérifier rapidement une identité, une adresse, dire si une personne arrêtée est recherchée ou non dans un des deux pays, etc. En lien avec ce type d’activités, le CCPD de Kehl a développé une expertise reconnue en matière de vérification de documents d’identité (passeport, permis de conduire, titre de séjour, carte d’identité) français et allemands. Le centre peut aussi fournir des informations sur les procédures juridiques et démarches administratives à suivre, en cas, par exemple, de poursuite d’un criminel de l’autre côté de la frontière. En outre, le centre peut être amené à coordonner la sécurité d’événements se déroulant de part et d’autre de la frontière, comme lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg en 2009. Le CCPD a donc essentiellement une fonction d’échange d’informations. C’est un organe de coordination mais pas une structure opérationnelle dont les agents iraient sur le terrain. Son travail est néanmoins indispensable.

Sa zone de compétence était initialement limitée à l’Alsace-Moselle et, côté allemand, de la Sarre, la partie occidentale du Bade-Wurtemberg, et le sud de Rhénanie-Palatinat. Mais elle s’est depuis étendue, et désormais, pour toutes les demandes urgentes, le centre peut être appelé par n’importe quel service de police et de douane, français ou allemand, quelle que soit sa localisation. Son champ d’action couvre : la petite et moyenne délinquance, les trafics transfrontaliers (notamment de stupéfiants), l’immigration illégale, la fraude documentaire (documents d’identité), et l’ensemble des événements pouvant troubler l’ordre public des deux côtés du Rhin (manifestations, mouvements sociaux, transport de matières sensibles,…). Chacun de ces domaines de compétence correspond à une cellule ou service spécialisé au sein du CCPD. On estime que le centre traite entre 17 et 18000 demandes par an, soit environ 50 dossiers par jour, ce qui confirme l’utilité d’un tel dispositif.

Les visites du centre sont généralement réservées aux professionnels venant se former. C’est donc une chance qui a été offerte aux étudiants du Master Politiques européennes de l’IEP (Institut d’Etudes Politiques) de Strasbourg de découvrir cette institution peu connue du grand public, et pourtant indispensable au bon fonctionnement de cet espace Schengen dans lequel nous vivons.

Le Master PE au Conseil de l’Europe 

Malgré un temps bien gris en ce mardi, une cinquantaine d’étudiants attend sur le perron du bâtiment couleur ocre, entre les drapeaux des 47 membres de l’institution et les voitures diplomatiques garées devant les portes. Badges épinglés à la poitrine, ils entrent dans le hall du Conseil de l’Europe où une fonctionnaire les accueille. Ils ont quelques minutes pour découvrir les lieux puis sont conduits dans l’hémicycle. Celui-ci sert aux sessions parlementaires qui ont lieu quatre semaines par an. La présentation aura duré une quinzaine de minutes à la suite desquelles les étudiants ont été accompagnés jusqu’à une autre salle de réunion, dans laquelle ils ont pu assister à trois interventions.

La première a été livrée par Michael Remmert qui est directeur adjoint du groupe en charge de la Planification Politique de l’institution et également responsable du réseau du Conseil de l’Europe des Écoles d’Études Politiques. Il souligne que le travail principal du Conseil est de trouver un consensus entre les États Membres sur une action commune à entreprendre dans le cadre des quelques 200 conventions que certains ont signé et ratifié. Il faut savoir que ces conventions font l’objet de surveillance de la part du Conseil.

Il a ensuite indiqué que les challenges du Conseil de l’Europe sont nombreux et impliquent des questions comme la cybercriminalité. Le plus important est cependant celui du manque de budget car les États membres sont moins enclins à dépenser pour la coopération internationale et pourtant la quantité de travail ne décroit pas. Ils ont donc perdu 10% de leurs travailleurs permanents ces cinq dernières années. Les grands payeurs du Conseil de l’Europe sont la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne. Ils ont été rejoints par la Turquie et le virage autoritaire entrepris par les autorités de cet État leur pose de ce fait des problèmes.

Mr Arkadi Sytine qui s’occupe de la coopération avec les États du partenariat oriental (Eastern Partnership Facility) au sein de la DG Programmes, a exposé les problématiques de chaque État avec lequel son équipe travaille.

L’Azerbaidjan qui n’est pas un État offrant des conditions propices à la coopération à cause du musellement des opposants politiques et des médias. Le Conseil demande d’ailleurs des détails concernant l’emprisonnement de Leyla Yunus et Khadija Islamayilova. L’Arménie qui est entrain de mettre en place une réforme constitutionnelle pour passer d’un système présidentiel à un système parlementaire et qui est État partie de la Convention Européenne pour la Prévention de la torture. La Bielorussie qui est un État qui fait des efforts et veut combatte la corruption. La Moldavie qui fait face à une crise politique qui a des bases dans le blanchiment d’argent mais tout en restant pro-européenne. La Géorgie est considérée comme le bon élève. Elle a fait une réforme de son système judiciaire dont les résultats sont bien visibles malgré le fait que le gouvernement n’ait pas le contrôle total sur son territoire.  Arkadi Sytine a enfin ajouté qu’il était nécessaire d’inclure la Russie dans ce partenariat.

La dernière intervention a été donnée par Selena, Ece et Arnaud, anciens élèves du master qui ont pu être embauchés pour un contrat à durée déterminée, à la suite de leur stage au Conseil de l’Europe.

The case Paposhvili vs. Belgium at the European Court of Human Rights

« I declare open the public hearing on the merits in the case of Paposhvili v. Belgium »

At 9.15 a.m. the president of the Grand Chamber, Dean Spielmann, kindly asks the courtroom to get seated. The students in the second year of the Master’s programme « Politiques Européennes » already took place in an audience room of the ECtHR, keen to follow the Grand Chamber hearing in a case that concerns the order for Mr Paposhvili’s deportation to Georgia together with a ban on entering Belgium.

The applicant, a Georgian national living in Brussels, arrived in Belgium in 1998. He was convicted on several occasions of offences including robbery and involvement in a criminal organisation in the following period until 2008. Hence, in 2007, the Belgian minister of the Interior issued an order for Mr Paposhvili’s deportation back to Georgia.

Mr Paposhvili is represented by Céline Verbrouck and Jana Kern, who take the floor at first. They allege that in case of her client’s removal to Georgia he would face a real risk of being subjected to inhuman treatment and of premature death, since the medical treatment he needs does not exist or is inaccessible in that country. Therefore, they argue, Paposhvili’s removal to Georgia would entail a breach of Articles 2 (right to life), 3 (prohibition of torture and inhuman or degrading treatment) and 8 (right to respect for private and family life) of the Convention.

Thereafter, the representatives of the Belgian and the Georgian Governments define their positions, persisting in the need of Paposhvili’s deportation to Georgia: “Time has come for Mister Paposhvili to return to his homeland”, Aleksandre Baramidze from the Georgian Government insists.

Henceforth, it will take some time until the pronouncement of judgement. However, the further course of this case can be followed on the homepage of the ECtHR: http://www.echr.coe.int/Pages/home.aspx?p=home. Furthermore, a webcast of the hearing can be consulted on the page.

Rencontre avec une juge estonienne et un juriste français au greffe de la CEDH

Pour cette ultime journée de visites, direction la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ou CEDH pour les intimes. Créée en 1959, la CEDH est la gardienne de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée, quand à elle, en 1950 par les Etats membres du Conseil de l’Europe. Ainsi, la CEDH est financée par le Conseil de l’Europe et demeure donc bien indépendante et distincte de la Cour de Justice de l’Union Européenne ou encore de la Cour Pénale Internationale.

Après une visite guidée des lieux et notamment de la grande salle d’audience, les étudiants de Master Politiques Européennes ont eu la chance de rencontrer un représentant de chacune des deux entités de la CEDH : les juges et le greffe. Ainsi, la juge Julie Laffranque au titre de l’Estonie et Mr Rodolphe Génisse, juriste français au greffe ont accepté de répondre à nos questions et de nous présenter leur métier et l’action de la CEDH.

Dans les faits, la CEDH se traduit concrètement par plus de 60000 nouvelles requêtes chaque année (record de 69900 pour les derniers chiffres de 2014) avec toutefois de fortes disparités selon les Etats. Ensemble, la Russie, la Turquie, l’Ukraine et l’Italie représentent plus de la moitié des affaires et la Russie à elle seule concentre 14% des affaires. En comparaison la France est concernée par seulement 1500 à 2000 affaires par an. Mais en réalité, 90 à 95% des affaires qui arrivent sont irrecevables et près de 30000 affaires sont « répétitives » et font donc l’objet d’arrêts pilotes. Aussi, la CEDH rend moins de 900 arrêts annuellement. Un chiffre partiellement dû à la lenteur de la procédure d’une institution juridique débordée et qui ne peut-être saisie qu’en dernier ressort, après épuisement des voies de recours. Mais, un chiffre nécessaire pour la CEDH dans son engagement pour la sauvegarde des libertés et droits fondamentaux.

Cette sortie, qui fait écho à l’audience de la veille (16/09/2015) du cas Paposhvili contre Belgique, est un beau point final à deux semaines de visites institutionnelles, et une invitation à démarrer l’année universitaire.

Une fin de rentrée solennelle à l’hôtel de ville de Strasbourg

Invités par Madame Ada Reichhart, élue Conseillère municipale et eurométropolitaine de Strasbourg  encharge de la vie étudiante, pour célébrer la rentrée du Master Politiques Européennes à l’Hôtel de Ville, ce fut l’occasion de partager un moment très convivial, non seulement avec nos hôtes de la Direction des affaires européennes et internationales de l’Eurométropole, mais aussi avec Monsieur Gabriel Eckert, Directeur de l’IEP ; Madame Marine de Lassalle, Directrice du Master Politiques européennes ; des membres de son équipe pédagogique et des professionnels travaillant dans le domaine des affaires européennes.

    

Renouant avec une tradition ancienne, ce « verre de l’amitié » a permis également de sensibiliser des étudiants venus de nombreuses villes de France et de divers pays d’Europe à la dimension européenne de la ville de Strasbourg, et, pour les enseignants du master, de faire connaissance avec cette nouvelle promotion 2015-2016.

Le Master Politiques Européennes remercie la Direction des affaires européennes et internationales de l’Eurométropole de Strasbourg et Madame Ada Reichhart pour leur invitation et leur accueil chaleureux. 

Par Benoit Debard, Pauline Fournols, Anaëlle Cabon, Antonin Hameury, Benjamin Prost, Rosalie Schwanner, Hannes Käckermeister et Alice Bastard Lascaud

By |2018-10-06T15:14:19+00:00September 19th, 2015|CONTENT|0 Comments