Parler d’Europe

13.12.2017

L’Association Parlementaire Européenne

Comment faire parler d’Europe ?

Fondée en 1983 par deux Européens convaincus, Kai-Uwe von Hassel et Pierre Pflimlin, l’Association Parlementaire Européenne s’efforce de promouvoir un dialogue informel entre ses membres. Indépendamment de leur couleur politique, les 147 membres de l’association se réunissent régulièrement lors d’événements privés.

L’Association Parlementaire Européenne, une association au coeur de l’Europe

Outre ses 147 membres,  l’APE, présidée par l’eurodéputé italien Herbert Dorfmann depuis 2014, compte un secrétariat général actif au quotidien. Son secrétaire général, Paul Clad (ancien Chef du Service du Protocole de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg) est entouré de Fiona Goerg (chargée de mission), Matteo Angeli (chargé de communication) et d’un service civique. Ces derniers ont la charge de l’organisation et de la réussite des évènements organisés par l’APE.

De nombreuses rencontres organisées par l’APE sont ouvertes aux parlementaires européennes non-membres de l’association ainsi qu’aux membres de la société civile. Parmi les membres de la société civile, le monde universitaire strasbourgeois est le premier convié à partager son point de vue lors des soirées-débats organisées dans la Villa Schutzenberger.

Une structure experte et ouverte à la créativité des étudiants

L’organisme s’associe ponctuellement à d’autres acteurs pour organiser conjointement des débats publics (représentations permanentes, université, associations à vocation européenne…). L’APE a notamment fait appel à des étudiants du Master 2 Politiques Européennes.

Dans ce cadre les membres de l’association laissent s’exprimer librement la créativité et la capacité d’innovation des étudiants. L’association reste présente pour encadrer les étudiants et leur faire bénéficier de son expertise, avec en point d’orgue l’organisation d’une conférence sur le thème de « l’Europe à plusieurs vitesses, quel avenir pour les citoyens » qui a eu lieu le mardi 12 décembre dès 18h30. La soirée a attiré une petite centaine de participants et s’est déroulée en deux temps.

Le public s’est d’abord réparti en trois groupes afin de se pencher sur les disparités qui existent en Europe. Le premier groupe, animé par Aurélien Pommier et Victor Laurin, a laissé interagir l’eurodéputé hongrois Benedek Jávor avec le public sur une large variété de problématiques liées au thème de l’Europe à plusieurs vitesses.  

Le deuxième atelier, animé par Johanna Voigt, Mikolaj Solik et Eriko Kato, s’est concentré sur les enjeux politiques de l’Europe à plusieurs vitesses avec l’éclairage de Francisco Roa Bastos (maître de conférence à l’IEP et chercheur en sociologie politique) tandis que le troisième groupe de travail a eu le plaisir de recevoir deux intervenants, Madame Frédérique Berrod et Monsieur Maurice Blanc respectivement professeur de droit public et de sociologie, pour traiter la question des inégalités sociales.

Ces ateliers informatifs, animés par les étudiants et les intervenants, ont permis aux participants de se préparer à la conférence qui a suivi. Par la suite, les députés Marc Tarabella (S&D) et Mercedes Bresso (S&D), la professeure Frédérique Berrod et le président des Jeunes Européens France Hervé Moritz ont animé le débat principal. Cette conférence d’1h40 a été brillamment modérée par Sarah Artola et Eszter Karácsony qui ont su faire preuve d’un professionnalisme à toute épreuve.

Comment faire parler d’Europe en dehors des cercles fermés?

Malgré sa volonté indéniable d’ouverture à la société civile, l’Association Parlementaire Européenne se heurte, comme beaucoup d’institutions européennes et organismes liés, au scepticisme de certains. L’enjeu pour l’APE, comme pour les institutions, est de dialoguer avec l’ensemble de la société civile.

Toutefois, le public qui se rend à ces rencontres est majoritairement déjà sensibilisé aux questions européennes. Pour toucher ceux qui ne le sont pas, il est nécessaire de déployer des efforts considérables avec une chance de réussite incertaine.

Les étudiants du Master Politiques Européennes tentent d’apporter un regard nouveau pour remédier à ce problème. Pour toucher un public plus large et plus diversifié, ils essaient notamment de mieux communiquer sur les réseaux sociaux, afin de désenclaver les événements européens du cercle d’europhiles professionnels. L’un des étudiants travaillant étroitement avec l’APE nous nous confie “ notre groupe s’efforce d’inviter des intervenants susceptibles de créer un débat contradictoire. Nous communiquons sur les réseaux sociaux, nous avons lancé une communication sur Facebook plusieurs semaines avant notre conférence et nous sommes aussi très actifs sur Twitter”.

Si le défis de l’attractivité est à relever pour l’APE, afin de diversifier son public et de faire parler plus largement d’Europe, elle demeure une association qui, à l’instar de sa consœur : l’Association Parlementaire Allemande, permet un échange informel unique et cosmopolite en garantissant une certaine diversité politique. Il faut saluer le travail de son secrétariat général qui est au cœur de la réussite de l’association, s’efforçant de garantir un accueil convivial à l’ensemble de ses invités.

Par Victor Laurin

By | 2017-12-27T16:34:52+00:00 December 26th, 2017|CONTENT|0 Comments