Alexis Vahlas

 

Bonjour Mr Valhas, est-ce que vous pourriez me présenter votre Master en quelques mots ?

Le Master et plus particulièrement SESI va s’intéresser à tout ce qui relève de la sécurité européenne et de l’action européenne en faveur de la stabilité des relations internationales. En France, il n’y avait pas beaucoup d’études dédiées aux questions de sécurité, des droits de l’homme. Le pendant séculaire était en général peu pris en compte ou alors dans des formations sécurité/défense à forte connotation interne. Il n’y avait presque rien qui soit  ouvert sur l’Europe et l’international, donc il nous a paru légitime de monter une formation comme celle ci. Les élèves n’ont jamais eu beaucoup de mal à trouver des stages intéressants, et en terme de débouchés les échos sont plutôt positifs.

Quels sont selon vous les 3 mots qui caractérisent votre spécialité?

Au sein du Master SESI et de manière générale au sein du Master PE, il y a cette idée que l’on va “mêler l’académique” avec une approche professionnelle : il y a des activités professionnalisantes, des missions d’études, un mode séminaire dans plusieurs cours et avec l’utilisation de l’anglais. Ensuite il y a l’aspect international et européen : le niveau européen sur le plan international c’est à dire l’Union Européenne sur la scène internationale (ce qui est un domaine qui est souvent peu pris en compte). Enfin on peut mentionner l’équilibre entre les praticiens et les personnes issues du monde académique parmi les intervenants.
Alors le Master SESI par rapport aux autres spécialités… je pourrais dire les voyages, on a plus la bougeotte, on est plus itinérants. Il y a cette logique de diplomatie expéditionnaire dans les zones de crise, alors ça va des Vosges au Kosovo. Ensuite, effectivement on est sur des questions de défense, de gestion de crise, donc ça a parfois des logiques très caractéristiques, parce que c’est sensible, que c’est dans l’action rapide. 

Est-ce que vous pourriez me dire un mot sur le déroulement général de l’année en SESI ?

Il y a beaucoup de cours, et quand les élèves ne sont pas occupés en cours, il y a un certain nombre de travaux à faire, sur un délai assez court puisque la première partie de l’année à Strasbourg est particulièrement chargée. Nous souhaitons vraiment laisser un temps de stage long. En gros, l’année en SESI c’est beaucoup de cours qui sont ponctués de petites respirations que sont les déplacements, et puis ensuite le stage ou le mémoire.

Pour revenir sur le mémoire, en tant que professeur et professionnel, pourriez vous me dire si la rédaction d’un mémoire est pertinente? A quel point est-ce une plus value quand l’on souhaite travailler dans des domaines de sécurité et défense?  

Alors le mémoire… je pense que si l’on en a pas fait en quatrième année, il est quand même très intéressant d’en faire un en cinquième année. Ce qui m’importe, c’est que l’élève, avant la fin de ses études, ait eu l’occasion de faire un vrai travail de recherche scientifique, avec des habitudes de rigueur qui sont prises et qui l’aideront par exemple pour rédiger une note de service dans une entreprise. Mais une personne qui a fait un bon mémoire en quatrième année ou qui envisage de faire un autre M2 après le Master SESI a moins de raison d’en faire durant cette année là.

Donc pour un SESI c’est quand même bien d’avoir fait à un moment de la recherche ?

Oui oui je pense.

A quel type de profession votre filière prépare-t-elle ?

C’est très diversifié. On a une « chance » conjoncturelle d’avoir actuellement beaucoup de portes qui s’ouvrent avec des recrutements dans toutes sortes d’officines liées aux questions de sécurité, notamment lié au contexte sécuritaire en France. Donc il y a les concours de l’ENA, en passant par les affaires étrangères et la DGSE, et puis d’autres organismes comme la direction du renseignement militaire. Il y a ceux qui essaient de rester dans le monde des organisations internationales, mais il faut savoir qu’il y a une exigence de quotas de nationalités… plus ou moins bien représentées d’ailleurs. Et puis il y en a qui sont dans le monde de l’entreprise en lien avec la sécurité. Enfin, on ne peut pas passer sous silence le fait qu’il y en a qui font aujourd’hui des choses qui n’ont rien à voir avec la sécurité, soit parce qu’ils l’ont voulu, soit parce que les aléas de la vie font qu’on ne trouve pas toujours ce que l’on désire exactement.

Qu’est ce que vous attendez des élèves qui postulent en SESI ?

Les élèves en SESI doivent prouver d’une certaine capacité intellectuelle analytique. Je regarde la moyenne des années précédentes, et surtout de celle précédent le Master 2. Ensuite, au delà de cette capacité d‘analyse, j’attends de la maturité sociale, humaine, quelqu’un qui sera susceptible de comprendre que l’on est plus dans une logique étudiant passif/professeur. Enfin, toutes les expériences de vie qui font que l’élève apportera de la maturité aux autres. C’est surtout les étudiants entre eux qui se côtoient, et ça on le voit. On essaie de détecter de la capacité intellectuelle, et de la maturité psychologique et sociale. J’aime aussi l’idée d’un multiculturalisme au sein du Master. Je ne cherche pas que des profils “Science Po”. Je cherche un parcours de vie intéressant, une cohérence, des gens qui me montrent qu’ils savent où ils vont.

Qu’est ce que vous attendez des élèves pour qu’ils profitent au mieux de leur année?

Il est nécessaire d’avoir de l’appétit et de la tolérance. Les élèves doivent avoir beaucoup d’appétit intellectuel, qu’ils en redemandent, même si il y a beaucoup de cours, même s’il y aura toujours des cours qui ne leurs plairont pas, des cours qu’ils réussiront moins bien.Il faut qu’ils en profitent pour se gaver intellectuellement. Concernant la tolérance vis à vis des autres, il faut un aspect de cohésion, c’est un enjeu pour nous de créer en quelques mois une cohésion, et c’est pour cela qu’il faut éviter d’être trop facilement critique. Malgré tous les défauts de tout le monde, il faut essayer d’avoir le maximum d’appétit et de bonne volonté. Je pense qu’à ce moment là, ils bénéficieront beaucoup de cette année là.

By | 2017-01-13T10:52:37+00:00 November 26th, 2016|Homepage, INTERVIEW, Professeur|0 Comments